Une longue histoire
En 1687, une terre fertile de cinq arpents par quinze est concédée aux frères Décarie par les Sulpiciens, seigneurs de l'île de Montréal. Témoin d'une époque disparue, une chapelle de pierres est érigée en 1706 à l'endroit même où se trouve aujourd'hui le Centre commercial Rockland.
En 1762, on recensait 162 familles et l'école des soeurs de la Congrégation Notre-Dame ouvrait ses portes aux jeunes filles. En 1825, à l'exclusion de la Ville de Montréal elle-même, Saint-Laurent est la paroisse la plus peuplée de l'île, avec ses 361 familles et 2 274 habitants. Ce n'est qu'en 1845 que Saint-Laurent devient une municipalité. La rue principale, devenue depuis le boulevard Sainte-Croix, constitue alors le seul passage menant à l'île Jésus.
Avant-gardiste, le Collège Saint-Laurent, fondé en 1847, qui se destine d'abord à la formation des futurs prêtres, notaires et médecins, s'ouvre un peu plus tard aux hommes d'affaires. Dès 1860, les carrières de pierre pour les chemins et la construction font la réputation de la ville. Puis, en 1885, c'est l'arrivée du premier téléphone au magasin général Millar et la construction de la voie ferrée reliant Saint-Laurent à Montréal par la compagnie du Grand Tronc, qui deviendra par la suite le Canadien National. Saint-Laurent a un riche passé. Elle a connu l'abolition du régime seigneurial, suivie de l'instauration du régime municipal, dissolu lors d'une première fusion au comté de Montréal. Elle voit ensuite s'établir deux corporations, celle de la municipalité de paroisse et celle de la ville de Saint-Laurent. Au début du XXe siècle, l'immense paroisse de Saint-Laurent est délimitée au sud par la Côte-des-Neiges (aujourd'hui rue Jean-Talon), au nord par la rivière des Prairies, à l'ouest par le lac Saint-Louis et, à l'est, par le Sault-au-Récollet. Avec la fondation des municipalités de Cartierville, Mont-Royal et Notre-Dame-de-Liesse entre 1911 et 1916, son territoire rétrécit comme peau de chagrin. Plus récemment, en 1954, le reste de la paroisse est annexé par la ville de Saint-Laurent. La vocation industrielle de la ville a pris son envol dans les années 40 grâce aux industries qui soutiennent l'effort de guerre : l'aéronautique et l'armement. Deux entreprises, Noorduyn et Vickers, qui fusionneront pour devenir Canadair, construisent en 1943 des logements en pleine campagne pour leurs ouvriers : trois résidences pour célibataires et 400 maisons unifamiliales. Aujourd'hui, capitale canadienne de la haute technologie, Saint-Laurent possède un technoparc spécialisé dans les activités de recherche et développement, et accueille plusieurs sièges sociaux et plus de 4 000 entreprises des secteurs pharmaceutique, aérospatial, des télécommunications, etc.
En 2001, la Ville a remporté le Prix d'excellence de la Fondation canadienne des relations raciales pour le caractère novateur de son projet et sa campagne de communication « À Saint-Laurent, nous affichons nos couleurs, interculturelles ». Cette démarche fait suite aux transformations sociodémographiques de la Ville : en effet, depuis les années 60, elle accueille des immigrants et des réfugiés en nombres croissants et travaille à harmoniser les relations entre ses nombreuses communautés culturelles.
Pourtant, malgré tout ce potentiel, Saint-Laurent occupe aujourd'hui le second rang pour le nombre de pauvres sur l'île, en raison de l'appauvrissement d'une partie importante de sa population. Avec l'adoption par le gouvernement québécois de la loi 170 sur la fusion des municipalités, Ville Saint-Laurent est devenue, le 1er janvier 2002, un arrondissement de la Ville de Montréal.
Naissance du Comité des Organismes Sociaux de Saint-Laurent (COSSL)
Le Comité des Organismes Sociaux de Saint-Laurent (COSSL) tire son origine du projet Pie XII / Notre-Dame-Du-Bois-Franc dont les objectifs étaient d'identifier les besoins pédagogiques et sociaux des écoles. La commission scolaire cherchait notamment à mieux accueillir les nouveaux arrivants et le besoin de services pour les aînés se faisait également sentir. Le moment se prêtant à une concertation structurée, en 1977, la commission scolaire Sainte-Croix, le Bureau d'aide juridique et le Centre de services sociaux lancent l'idée de créer un comité voué à la concertation locale entre les organismes de la municipalité. Ce sera la première table de concertation de Saint-Laurent.
En 1978, une première réunion met en présence 10 organismes avec pour résultat l'incorporation du COSSL en 1979 et l'adhésion de six autres partenaires. Les membres définissent alors la structure initiale composée de comités sectoriels qui reflètent les pré-occupations et les objectifs des organismes membres. Ces comités, dont plusieurs ont survécu aux années, oeuvrent dès lors sous une seule instance fédératrice : réfugiés de la mer (Comité Immigrants, 1980) ; personnes âgées (Comité Gérontologie, 1981), personnes handicapées intellectuelles (Comité Handicapés, 1983) ; jeunes adultes (Regroupement des Intervenants-jeunesse, 1983). Dans les faits, le plan d'action du COSSL est la somme des plans d'action des comités auxquels s'ajoute celui du conseil d'administration.
Au fil des ans et grâce à ses divers comités, le COSSL a su obtenir l'adhésion de la vaste majorité des acteurs locaux : organismes communautaires, institutions publiques, institutions parapubliques et milieu des affaires. Il devient donc le lieu où se construit et s'articule la vision locale.
Les temps modernes
À la fin des années 90, le COSSL s'est restructuré en vue d'augmenter l'autonomie de ses comités. On a aussi décidé d'embaucher un coordonnateur et de retirer aux bailleurs de fonds leur siège au conseil d'administration ainsi que leur droit de vote aux assemblées. Invités néanmoins aux assemblées générales et régulières, ils ont continué d'y participer assidûment. Par la suite, un collège électoral a été établi pour le conseil d'administration dont les 7 sièges se répartissent comme suit : 5 à élire en assemblée générale (1 pour les organismes publics et parapublics et 4 pour les organismes communautaires) et 2 à coopter, donc choisis par les élus du conseil d'administration parmi les organismes communautaires ou les organismes publics et parapublics.
Source: Ville de Montréal