Élections Québec
2026
Les enjeux prioritaires à Saint‑Laurent
Les comités du COSSL invitent les candidat·es à prendre position et à s’engager concrètement sur ces enjeux prioritaires.
Notre démarche
Au Québec, les élections provinciales du 5 octobre 2026 sont l’occasion de souligner les enjeux constatés et travaillés par les organismes œuvrant à Saint-Laurent.
Ensemble, nous contribuons à l’amélioration des conditions de vie des Laurentiens et des Laurentiennes parmi celles et ceux qui sont de plus en plus vulnérables, rongé·es par la précarisation et des facteurs sociaux délétères, la pauvreté et la discrimination.
Pour ce faire, l’engagement des organismes confrontés à la dégradation du filet social et de l’accès aux services des ménages vulnérables doit être soutenu. Les organismes manquent clairement de moyens pour accomplir toute la tâche qui grandit avec le temps.
Parce que les enjeux ne s’apaisent pas et se complexifient, touchent une part toujours plus importante de ménages, nous avons une responsabilité collective en tant que société de traiter les enjeux sociaux avec diligence, constance et des moyens réels de changer les choses.
Si le financement est au cœur de notre capacité à déployer l’action communautaire, les comités de la Table de quartier (Habitation, Itinérance, Femmes, Petite enfance, Jeunesse, Aînés, Accueil) recensent ici différents enjeux cruciaux sur lesquels les membres du COSSL collaborent et pour lesquels ils réclament de sérieux avancements et des remèdes salvateurs.
Miser sur la prévention, que ce soit notamment en matière d’itinérance, de développement de logements sociaux, abordables et salubres, miser sur la proximité des services à la population, ou encore s’attaquer aux multiples défis auxquels se heurtent les jeunes, les demandeur·euses d’asile nombreux à Saint-Laurent, les femmes victimes de violences, ou les aîné·es délaissé·es à bien des égards, est un investissement gagnant pour toute la communauté laurentienne et l’avenir de la société québécoise.
Faisons de Saint-Laurent un exemple de développement positif, un arrondissement aux conditions de vie meilleures, où chacun·e a sa place et peut s’épanouir dans toute sa richesse pour l’ensemble de la communauté.
Saint-Laurent en quelques repères
42,8 km²
Superficie du territoire
+ 100 000
Habitant·es
20 %
De la population âgée de 0 à 14 ans
12 %
De la population âgée de 15 à 24 ans
52 %
De personnes immigrantes
59 %
De résident·es issu·es des minorités visibles
9 840
Personnes sous le seuil de pauvreté
3 175
Ménages vivant dans des unités de logement nécessitant des réparations majeures
Autres réalités structurantes
- 4 autoroutes traversant le territoire.
- Une gare de triage du Canadien National et l’aéroport de Montréal.
- 70 % du territoire occupé par l’industrie.
- 2 stations de métro sur la ligne orange et 5 stations REM ouvertes ou à venir.
- 11 % des ménages sont monoparentaux.
- 15 % de personnes âgées de 65 ans et plus.
- 11 % de nouveau·elles arrivant·es.
- Pas moins de quatre secteurs de défavorisation : Norgate, Chameran, Place Benoit et Warld Gold.
- 37 % de femmes ne disposant d’aucun revenu d’emploi.
Le COSSL en bref
Le COSSL est une Table de quartier intersectorielle et multiréseaux. Il a pour mission de soutenir la concertation, d’appuyer les actions collectives et d’améliorer les conditions de vie de la population laurentienne.
Le COSSL réunit une soixantaine de membres issus des milieux communautaire et institutionnel. À travers huit comités sectoriels et populationnels, ils unissent leurs efforts dans la collaboration pour adresser des enjeux touchant l’habitation, l’itinérance, la sécurité alimentaire et les enjeux frappant les femmes, les tout-petits, la jeunesse, les aîné·es et les demandeur·euses d’asile.
Nos priorités
Financement
Une étude menée en 2021 pour le Comité des organismes sociaux de Saint-Laurent (COSSL) démontre clairement que les organismes communautaires de Saint-Laurent font face à un sous-financement chronique, alors même que la demande pour leurs services est en constante croissance.
En comparaison avec les autres territoires montréalais, Saint-Laurent figure parmi les secteurs les moins bien financés par le Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC). Le financement de base des organismes locaux devrait être doublé pour atteindre la moyenne montréalaise, alors que des écarts particulièrement importants existent dans des secteurs essentiels comme l’aide alimentaire, les services jeunesse, les services aux familles et la lutte à la précarité résidentielle.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que Saint-Laurent compte une population importante et diversifiée, dont plusieurs personnes et familles en situation de vulnérabilité.
Malgré leur mobilisation et leur rôle essentiel auprès de la population, les organismes disposent de ressources insuffisantes pour répondre adéquatement aux besoins.
Ces constats, documentés depuis plusieurs années, appellent donc à une action politique concrète afin de corriger cette iniquité et d’assurer aux organismes communautaires de Saint-Laurent un financement de base stable, récurrent et à la hauteur des besoins de la population.
C’est dans cette perspective que le COSSL s’est joint, au printemps 2026, aux revendications portées par la campagne « Le communautaire à boutte ». Cette mobilisation rappelle que les organismes communautaires ne peuvent continuer à pallier les insuffisances des services publics en s’appuyant sur des ressources qui ne leur permettent pas d’assurer des conditions de travail décentes, une offre de services stable et le développement de leur mission.
Le COSSL appuie ainsi une vision du développement communautaire fondée sur cinq revendications essentielles :
- Conditions de travail décentes pour les travailleuses et travailleurs du communautaire.
- Financement suffisant à la mission.
- Reconnaissance pleine et entière des organismes.
- Protection de l’autonomie et fin du financement précaire.
- Investir dans le modèle communautaire comme pilier stratégique.
Quels engagements concrets êtes-vous prêt·e à prendre pour assurer un financement adéquat, stable et récurrent des organismes communautaires de Saint-Laurent, améliorer leurs conditions de travail et reconnaître pleinement leur rôle comme pilier du développement social de notre collectivité ?
Habitation
1. Construire des logements sociaux
Saint-Laurent a un besoin important de logements sociaux pour pas moins de 6 320 ménages (au recensement 2021) qui consacrent 30 % ou plus de leur budget aux frais de logement.
À l’heure d’aujourd’hui, pour un territoire de 42,8 km² et une population de plus de 100 000 habitant·es, l’arrondissement ne compte que 1 112 unités de logements hors-marché, tous types confondus, en 2024.
Vous engagez-vous, et comment, à ce que des logements sociaux soient construits dans Saint-Laurent, a minima à hauteur du nombre de ménages locataires consacrant 30 % ou plus de leur budget aux frais de logement, soit 6 320 ménages au recensement 2021 ?
2. Défendre le droit des locataires à se loger dans la dignité
La hausse constante des loyers atteint des records, de 30 % à 90 % entre 2021 et 2025 selon le nombre de chambres de logements privés occupés (loués), dépassant la capacité financière d’un nombre croissant de ménages.
Il est urgent de travailler à améliorer l’abordabilité et la qualité des logements dans le marché privé.
Vous engagez-vous à mettre en place un registre national des loyers et des baux avec un contrôle obligatoire des loyers et, une fois ce registre national en place, vous engagez-vous à ce que toute reprise ou éviction pour rénovation de logement soit soumise au contrôle préalable du Tribunal administratif du logement ?
Itinérance
3. Ouvrir des structures d’hébergement adaptées pour pallier les situations d’itinérance et le risque croissant d’itinérance
Selon le Portrait en logement dans l’arrondissement, qui sera rendu public au courant de l’automne 2026, Saint-Laurent aurait besoin d’un parc de logements sociaux 6,7 fois supérieur aux logements hors-marché actuellement disponibles.
Vous engagez-vous à octroyer des financements provinciaux pour permettre la création de ressources pérennes en hébergement comme une halte-chaleur 24/7 et un centre de jour ?
4. Octroyer plus de financement pour travailler à la prévention et à l’accompagnement des personnes en situation d’itinérance ou à risque d’itinérance
Vous engagez-vous à ce que le financement de programmes tels que le Soutien communautaire en logement social (SCLS) soit renforcé pour permettre de garantir des postes en intervention dans Saint-Laurent ?
Femmes
5. Lutter contre les violences faites aux femmes
Le comité Femmes travaille activement sur les enjeux liés aux violences faites aux femmes.
Quels engagements concrets comptez-vous prendre pour prévenir et lutter contre les violences faites aux femmes et soutenir les femmes qui en sont victimes ?
Petite enfance
6. Soutenir financièrement le travail de proximité auprès des familles
Quelles mesures concrètes comptez-vous mettre en place afin d’assurer un financement stable et suffisant du travail de proximité auprès des familles ayant des enfants de 0 à 5 ans, conformément aux recommandations du Rapport Laurent ?
7. Faciliter l’accès aux garderies subventionnées
Vous engagez-vous à faciliter l’accès au régime des garderies subventionnées pour tous les enfants, sans égard au statut migratoire ? Si oui, quelles seront vos actions ?
8. Améliorer l’accès aux soins de santé périnataux
Quelles mesures comptez-vous prendre pour améliorer l’accès aux soins de santé périnataux pour toutes les femmes, sans égard au statut migratoire ?
9. Favoriser l’accès aux services gouvernementaux québécois pour toutes et tous
Quelles mesures comptez-vous mettre en place afin de faciliter l’accès aux services gouvernementaux québécois pour toute la population, notamment pour les personnes sans RAMQ qui rencontrent des difficultés à utiliser la plateforme actuelle du Service d’authentification gouvernementale (SAG) ?
Jeunesse
10. Répondre aux besoins des jeunes
Les organismes jeunesse représentent un filet de sécurité essentiel pour notre communauté. En effet, dans notre quartier, les jeunes font face à des réalités de plus en plus complexes : précarité, conditions de vie difficiles, enjeux scolaires, isolement et vulnérabilités multiples.
Ces réalités peuvent entraîner des conséquences importantes sur leur parcours, leur bien-être et leur capacité à se projeter dans l’avenir.
Quels engagements allez-vous prendre afin de mieux répondre aux besoins des jeunes de Saint-Laurent ?
11. S’aligner vers un financement stable et prévisible des organismes jeunesse
Une grande partie du financement des organismes jeunesse repose sur des projets ponctuels. Les organismes doivent donc consacrer beaucoup de temps à rechercher de nouvelles sources de financement.
Or, les besoins des jeunes ne sont pas ponctuels. La prévention, l’accompagnement et la création de liens de confiance nécessitent de la stabilité et une présence dans le temps.
Comment allez-vous favoriser un financement stable, récurrent et prévisible des organismes jeunesse afin qu’ils puissent planifier à long terme, maintenir leurs équipes et assurer une présence continue auprès des jeunes ?
Le comité Jeunesse tient à souligner que soutenir les organismes jeunesse, c’est investir dans la cohésion sociale et le sentiment de sécurité de l’ensemble de la population. Des jeunes qui ont accès à des adultes significatifs peuvent davantage faire des choix positifs et participer pleinement à la vie de leur communauté.
Aînés
Le vieillissement de la population transforme les besoins de nos quartiers. À Saint-Laurent, de nombreuses personnes aînées souhaitent pouvoir rester dans leur milieu de vie.
Or, l’accès à un logement abordable, le risque d’isolement et les enjeux de mobilité peuvent fragiliser leur qualité de vie et leur autonomie.
12. Offrir des logements abordables et adaptés aux aîné·es
Vous engagez-vous à soutenir le développement et la diversification de l’offre de logements abordables pour les personnes aînées, notamment des projets favorisant la mixité sociale, le soutien communautaire et l’accès à des services de proximité ? Si oui, quelles mesures concrètes proposez-vous ?
13. Briser l’isolement social des aîné·es
L’isolement social des personnes aînées est un enjeu grandissant et les organismes communautaires jouent un rôle essentiel dans le repérage, la prévention et le maintien du lien social.
Vous engagez-vous à renforcer et à financer davantage les actions de proximité menées par les organismes communautaires afin de rejoindre les personnes aînées isolées ou à risque de le devenir ? Si oui, quelles mesures concrètes proposez-vous ?
14. Favoriser la mobilité et un vieillissement actif des personnes aîné·es
De plus en plus de personnes aînées rencontrent des difficultés à se déplacer, notamment lorsque l’offre de transport collectif ne répond pas à leurs besoins ou qu’elles ne peuvent plus utiliser certains modes de transport.
Quelles mesures proposez-vous pour améliorer la mobilité des personnes aînées et leur permettre de demeurer actives et autonomes dans leur quartier ?
Accueil
15. Défendre l’accès à la justice pour les personnes demandeuses d’asile
L’accès à la justice ne devrait pas dépendre du statut migratoire, des ressources financières ou de la capacité à s’y retrouver dans un système complexe.
Pourtant, les personnes en demande d’asile ou à statut précaire sont particulièrement exposées à la désinformation, aux pratiques abusives et aux difficultés d’accès à des services juridiques fiables.
Quelles actions précises et quels investissements êtes-vous prêt·e à faire pour défendre et garantir l’accès à des services juridiques pour ces personnes venues demander l’asile au Québec ?
16. Ouvrir l’accès aux services et aux programmes d’aide aux nouveaux arrivant·es à statut migratoire précaire
Le Québec affirme vouloir favoriser l’intégration des nouveaux arrivant·es, mais les organismes de Saint-Laurent constatent que les personnes en demande d’asile et celles ayant un statut migratoire précaire se heurtent à de nombreux obstacles : accès aux soins de santé, aux programmes d’aide au logement, à l’emploi et aux services de garde.
Ces barrières administratives et ces restrictions liées au statut migratoire les maintiennent dans une situation de précarité et peuvent, paradoxalement, freiner leur intégration plutôt que de la favoriser.
Quelles décisions concrètes êtes-vous prêt·e à prendre pour corriger cette incohérence et pour améliorer l’accès aux services publics des personnes les plus vulnérables ?
Nourrir
17. Faire de la sécurité alimentaire une priorité nationale.
La sécurité alimentaire se situe à la base de la pyramide des besoins de la population. Pourtant, l’insécurité alimentaire touche de manière disproportionnée les personnes déjà confrontées à différents facteurs d’oppression liés notamment à l’origine ethnique, à l’âge, au genre, à la condition socioéconomique ou au handicap.
Dans le contexte économique actuel, les difficultés s’accentuent à la fois pour les ménages et pour les organismes qui œuvrent en sécurité alimentaire.
Nous demandons donc au prochain gouvernement de faire de la sécurité alimentaire une priorité nationale. Cet engagement doit notamment se traduire par un financement accru, stable et prévisible des organismes, par l’élargissement des programmes gouvernementaux existants, par la mise en place de nouvelles mesures — comme des repas gratuits pour toutes et tous dans les écoles — et par une meilleure régulation des prix à l’épicerie.
Quelles mesures concrètes mettrez-vous en œuvre pour faire de la sécurité alimentaire une priorité nationale, notamment en matière de financement des organismes, de programmes gouvernementaux, de repas scolaires gratuits et de régulation des prix à l’épicerie?**